Le monde virtuel, monde poreux

Le monde virtuel s’est ouvert comme so une fine membrane déchirée avait révélé un espace nouveau dans le notre. Depuis cette déchirure absolument émerveillante, tous les jours je parcours ses chemins.

Ce monde est il monde? il a un cadre, des règles, des lois, une stabilité, une unité et des limites.

Un monde que je peux parcourir. Un monde a toujours une forme d’espace-temps, non?

Est ce que ce les espaces virtuel sont des espaces ?

Est ce que je peux toucher ses limites, un début une fin, un centre? est ce qu’il a un dedans un dehors?
Il aurait la possibilité de se déplacer dedans, et la possibilité d’exister et d’avoir une position au sein du monde.

S’il c’est un endroit, il doit pouvoir se décomposer en différents endroits. Les endroits ne sont pas forcément physiques. Un espace avec des vecteurs purement abstrait peut exister et me faire parcourir des endroits conceptuels. Plutôt alors des adresses relatives. Un endroit quand même suppose un dedans et un dehors. On peut y pénétrer et en sortir. Donc je ne suis pas obligée d’avoir de la matière pour former un monde. Un espace peut donc se conceptualiser comme une zone spécifique de circulation, de positions et d’existence.

Ce n’est pas un espace dans le sens où ce n’est pas de la matière qui circule dedans. C’est un espace à adresses, un espace virtuel, topographique. d’adresse, matière, notion conceptuel. Le monde virtuel est un espace topographique (un espace de relations et d’adresses) plutôt qu’un espace géométrique. Ce n’est pas une présence corporelle, c’est une présence par le signe. Il n’est ni purement matériel ni purement immatériel.

Un monde de code, où comme les signes du livre, le code binaire me fait traverser des univers.

Il y a bien sûr de la matière soutient ce monde, et de la matière dans notre monde. qui circule, mais pas forcément à l’endroit où l’on croit qu’elle circule. Les stockage de données requêtes entre nos ordinateurs et les centres de données où sont stockés nos données. un centre d’échange plutôt qu’un espace.

Il y a des lieux (ou adresse) au sein de cet espace. Des lieux aussi qui peuvent être rejoins à plusieurs, sur lesquels nous pouvons agir collectivement et simultanément.

Comment conceptualiser le lieu sans qu’on le rejoigne par la physicalité?
C’est plutôt une consultation de base de données à plusieurs et à distance qui crée la sensation de lieu, alors que c’est la simple consulation simultanée de registres.

Une consultation modificatrice, un monde qu’on transforme en le parcourant.

Bijection: plusieurs personnes du monde réel peuvent se connecter au même endroit du monde virtuel.

On peut agir dans ce monde : monde interactif

Un espace sans matière, pas immatériel mais lois spécifiques et une physicalité différente, séparée, scindée. 

Comment le fait de se balader dans un monde avec une autre physicalité impacte ma propre physicalité?

Le monde réel et le monde virtuel se contaminent

On pense souvent que les deux mondes sont des mondes différents, séparés. Pourtant, est ce que les mondes sont différents? idée du monde platonicien mais la différence donc peut etre c’est que est ce qu’on peut réellement circuler dans le monde platonicien, je crois qu’on ne peut jamais l’atteindre en fait. Donc là c’est un peu ça mais cette fois il y a une porte d’entrée que l’on peut emprunter. La séparation c’est: le monde réel ne se fonde pas sur des écrans. Il est disponible immédiatement, spontanément, présent à nous.

Mais, le monde réel lui aussi est aussi distant, car le traverser nécessite un voyage dans la matière, de la matière qui nécessite du temps et de l’énergie pour produire un mouvement de la matière. Le monde réel est donc un monde immédiatement disponible mais distant, et énergivore à traverser.

Le monde virtuel est un monde qui nécessite une interface pour le traverser. Cette interface donne ensuite accès à une partie de ce monde, parfois quasiment immédiatement. C’est aussi un monde energivore à traverser. Mais les consulter ne veut pas forcément dire que l’on s’y rend.

Que veut dire se rendre dans un lieu?

Que veut dire se rendre dans un espace sans matérialité tangible? Se rendre dans un lieu c’est avoir une présence dans ce lieu. Dans notre monde, se rendre dans un lieu c’était transporter son corps, déplacer sa propre matière jusque ce lieu. Dans la définition du monde virtuel, cette définition est différente.

Dans notre interaction avec le monde virtuel, nous ne nous rendons souvent nul part, nous attirons juste à nous des fichiers déposés par quelqu’un d’autres dans une base de donnée. en écrivant sur cette base de donnée; et là peut etre qu’on peut davantage parler de présence. Parfois nous pouvons interagir en live avec d’autres et là la notion de présence est réellement très proche de la présence IRL. Parce que nous sommes comme des marionetistes, nous activons a distance des fils qui agissent dans un autre espace. Nous nous y rendons par l’interface. Nous sommes comme le biologiste qui utilise des gants pour manipuler de la matière dans une bulle de protection.

L’interface me fait penser au bateau de Jason. JSON. Peut être que json c’est avec son bateau la c’est avec son téléphone. Corps et téléphone .

Comment je peux actionner mes actions, quelles actions me sont disponibles dans chacun des mondes?

Peut être que le téléphone même au début apportait ces questions de présence physique, de déplacement. Qu’est ce qu’on déplaçait quand on échangeait au téléphone avec un autre humain situé très loin? Est ce qu’on créait un espace entre nous deux?

s’il y a de l’espace, il y a du déplacement et des directions. Dans les jeux vidéos, dans combien de directions je peux me déplacer? deux? à gauche et à droite? trois, en profondeur, à gauche et à droite? Quatre, également en hauteur? dans le monde virtuel, en quelques sortes quelles sont les directions dans lesquelles je peux me déplacer? Je peux me déplacer dans un nombre contraint de limites par rapport au monde réel, je peux simplement me déplacer d’adresse en adresse.

Dans le monde réel, ce que je peux faire, c’est actionner mon corps, actionner ma parole, actionner ma pensée. Ce sont des actions possibles.

Quelles sont les actions possibles dans chaque monde?

Dans le monde virtuel, je peux actionner mon corps dans le monde réel pour actionner mon action dans le monde virtuel. Mon corps est la base pour activer le monde virtuel. Il ne peut rien se passer sans mon corps dans le monde réel. Déjà c’est la première base. Ensuite, dans le monde virtuel je peux modifier ce que je vois. En permanence je modifie mon écran, et donc je modifie ce qui est devant moi. ça c’est une donnée différente par rapport au monde réel ou ce qui est devant moi ne m’appartient pas et est simplement en dehors de moi.

Ensuite en ce qui concerne le déplacement. Je peux me déplacer d’une manière totelament différente, je me déplace plutôt par le déplacement de fichiers et d’écriture. c’est un mouvement assez intellectuel dont résulte un mouvement visuel.
Surtout, quelle est la réalité du déplacement matériel quand je me déplace dans le monde virtuel? Ce sont des fichiers qui sont transmis. Des requêtes qui sont effectuées. Et donc de l’électricité.

Le monde réel peut exister sans monde virtuel mais la matérialité du monde virtuel et nécessité du monde matériel pour sa survie. Le monde virtuel nécessite la survie du monde physique pour perdurer.

Le monde virtuel ne peut exister sans le monde réel. Il existe des endroits du monde réel dans lesquels je ne peux pas accéder au monde virtuel. Le monde virtuel nécessite des interfaces matériels pour le rejoindre. Sans interfaces humaines, que devient il? Aujourd’hui cette question est différente car de l’autonomie s’est construite, on pense même qu’on ira plus sur internet, qui ne sera parcouru que par des algorithmes.

Le monde réel est nécessaire pour rejoindre le monde virtuel. Le monde virtuel s’appuis sur des objets pour le rejoindre et le consulter. Même utilisation de ressources et destruction du vivant pour faire fonctionner le monde virtuel. Pour l’instant, le monde virtuel a besoin des vivants pour survivre.

Le monde réel se troue à certains endroits sur le monde virtuel.

J’ai l’image de moi sur une montagne verte en été où il y avait pas de technologie permettant d’aller sur internet. C’est quoi la différence? il y avait aucune fenêtre pour me rendre vers l’autre monde, le virtuel. Aucun portal.

Quelles expériences je fais et quels possibles j’ai devant moi lorsque je travers le monde réel?
Et lorsque je travers le monde virtuel?
Comment je le traverse en fait?

Mon corps n’est pas le même, c’est comme une apnée, je me prive de certains de mes sens pour rentrer dans le monde virtuel. un monde dans lequel d’autres sens, et d’autres compétences sont activées, d’autres capacités mais qui en fait ne peut etre parcouru que quelques heures car je suis toujours rappelée par les autres sens de mon corps, la faim, le froid etc.

Il y a une séparation, il y a aussi une frontière? Quel est le point de passage une porte d’entrée, une frontière, la lisière (un peu différent, plus poreux), une limite franchissable entre monde réel et monde virtuel Il y a bien une frontière, la frontière change quelque chose, qu’est ce qu’elle change? Peut etre l’interface, au moins la porte d’entrée qui nous permet d’entrer dans l’autre monde. L’interface digitale, l’écran, le clavier etc. si c’est l’interface → le toucher des doigts (digital et tactile ) une limite qui devient poreuse.

La zone de passage d’un monde à l’autre : La porte d’entrée vers le monde virtuel, traditionnellement l’écran d’ordinateur se multiplie, se divise en une infinité de portes. Le passage autrefois fixe, délimité à un lieu fixe (l’ordinateur fixe de la maison) apparait maintenant partout et tout le temps. Le point de passage nous suit, vit avec nous, aux creux de nos mains. L’univers parallèle du virtuel est en train de devenir comme une maison avec énormément de fenêtres ou de portes. Sommes nous devant une frontière, un mur de plus en plus fin et perméable et transparent ?

Elle devient une zone de passage, une zone humide: affluent, marécage, plutôt un dégradé près du fleuve, zone humide, liseron, du fleuve, de la mangrove.

La porte d’entrée qui se multiplie et notre mouvement de navigation d’un monde à l’autre se multiplie. à la fois dans le premier monde puis dans le deuxième, les aller retours se sont multipliés jusqu’à parfois être permanents et plus du tout séparés

La traversée se fait plus régulière. L’entrée dans le monde virtuel est de plus en plus facile dessiner une abolition progressive de la frontière entre les deux mondes. Donc, nous vivons dans un premier monde, le réel où un univers qui affleure dans le notre de plus en plus souvent comme le dos d’un dragon dans des vagues.
Le monde virtuel coule dans le notre, coule de plus en plus et est inaretable, on arrive pas à colmater la fuite.

hybridation, mot d’origine biologique, vocabulaire scientifique. Hybridation irréversible des mondes, l’un prend des attributs de l’autre et inversement de manière non réversible. mélange homogène ou non homogène. Mélange. notion de trouble aussi, l’eau est troublée. Miscible non miscible. le concept du mélange

Les esthétiques se contaminent.
L’esthétique du monde virtuel colonise le réel. Ce qui est créé dans le monde virtuel commence à descendre dans le monde réel . Esthétique qui a pu perdurer dans le monde digital mais cherche sans cesse à s’en échapper et à coloniser nos vies. Esthétique post internet, artificielle, colonisatrice du réel, esthétique multi influences et influençante à tous les niveaux. Les couleurs artificielles. on a une science fiction nostalgique du réel d’avant et du vivant d’avant, éventuellement nostalgie du monde d’avant . digitalisation du réel écrans plus nombreux sentiment d’irréalité. gamification du réel, rapport à l’image, rapport à la réalité qui a changé, à la connaissance, à la temporalité et à l’espace (peut etre transition là)

Le sentiment contemporain d’être dans un jeu vidéo, dans un jeu multi player et d’être un personnage de ce jeu. Un personnage que l’on peut paramétrer et faire agir, gagner des quêtes, le tout avec d’autres players. Cette sensation parfois liée a la déformation professionnelle du joueur qui continue à jouer même dans sa propre vie, est parfois aussi liée à cette déréalisation du réel.

On vit alors un mix des deux réalités, l’impression d’être dans le réel quand on est dans le virtuel, la sensation de la simulation du réel et simulation du virtuel. d’être dans un jeu dans le réel.
habitudes dans le réel de comportements (ex feu play) merger les habitudes dans un monde et dans l’autre. Notre corps apparu progressivement avec de nouveaux sons/images/mouvement, nouvelles combinaison de sens, nouveaux agencements de stimulation, sensorielles. Apparu progressivement une nouvelle manière de nous “déplacer”, pour accéder à certaines ressources comme les connaissances, le savoir. Nouveau rapport au temps et à la matière, à l’espace.

Que devient le corps, son image, sa perception, ses fonctions, sa cohérence, ses attributs et ses capacités si les deux mondes se renversent l’un dans l’autre? Qu’est ce qui a déjà changé dans notre corps? Pourrait on un jour l’abandonner ? Est ce qu’un jour cette question paraîtra absurde tant ce sera notre réalité ?

Et de quoi se mêle se bigarre notre corps lorsqu’il est en contact avec le virtuel? De quoi se mélange t il? J’ai l’image de deux pâtes qui se mêlent de deux couleurs différentes. Sommes nous porteurs de stries de la pâte virtuel partout sur nous? Comment nos corps ont ils mutés et comment muteront ils ?

On est devenus des amphibiens des mondes réel et virtuel. Qu’est ce qui va nous pousser? Nous les êtres du marécage réel virtuel.

Notre corps est aussi celui qui perçoit, comment sa perception du réel est elle impactée et comment est ce que le corps ne fait plus vraiment la différence ?

Quel est le devenir du vivant suite à son hybridation avec le virtuel et comment le prévoir? en contrepartie, la question du devenir de la technologie dans son contact avec de plus en plus de vivant. Cette technologie de plus en plus utilisée, manipulée, comment est elle polie, façonnée par l’usage des vivants. quelles est la nouvelle limite, est ce que les deux vont se ressembler de plus en plus comme des personnes vivants ensemble finissent par se ressembler. La technologie créature en mutation.

Le passage par le virtuel nous permet de mieux comprendre le réel et sa donnée interactive à plusieurs consciences. Une existence à plusieurs sur une planète avec d’autres vivants mutants. Attention aussi dans le virtuel on peut etre plusieurs et etre interactifs.

Permet de définir pour la première fois ce qu’être sur terre de nouvelles manières. La possibilité de quitter la terre nous permet enfin de voir ce qu’y s’y passe et comment faire. Que faire face au réel? Nouvelle ontologie du réel grâce au virtuel

Aussi expérimenter la puissance de nos présences physiques. Expérimenter la force de nos corps, pas forcément la force physique aussi la force personnelle de présence et de connexion . Reconsidérer l’éventail des forces. Redonner à la force une place en changeant sa définition. Fort oui mais de quoi?

Vitalité c’est la vie qui circule en nous comme une force différente

Le virtuel comme espace mystérieux et profond, de sommeil ou de veille. tiraillement entre l’envie de fuir dans le monde des idées et entre la puissance et la vitalité de notre corps et de notre vie incarnée et interactive

Réalité matérielle dans le monde virtuel : impact dans le réel artefacts prolongement de nos capacités à faire société qu’est ce que ça prolonge chez nous Mouvements activistes qui se rejoignent sur internet

Comment réconcilier la difficulté à faire accepter les corps à leur trouver une place à la fois dans le réel et à la fois dans le virtuel. Comment trouver l’endroit où exister ?