La graine
D’une graine, elles poussent et se tendent, de toutes leurs forcent, s’arqueboutent et poussent de tout ce qu’elles peuvent, veulent vivre.
veulent vivre et se tendent
se tendent vers la lumière.
Des graines à peine germées, s’étendent et ne s’arrêtent plus de se tendre, tendre le bout de leurs feuilles, le plus loin possible, se pousser en avant, pour s’étendre, et suivre le plan mystérieux, minuscule, qui est le leur.
sorties de la terre, déployant leur bras, leurs corps et tout en elles se tendant. Le temps seul océan portant le développement de leurs corps, que rien n’arrête, dont rien n’arrête la pousse en avant, la pousse qui chaque heure continue et développe de toutes ses forces. Grandir.
Naviguant, la croissance navigue sur le temps, presque invisible mais puissante, et indomptable, rien ne l’arrêtera
Tous autant que nous sommes, nous, les étants sur Terre, nous avons des corps, qui grandissent et meurent, nous poussons, tous comme des fleurs.
J’ai fait un jour deux centimètres. J’ai été cette graine, j’ai été, dans le ventre de ma mère, quelques centimètres. Tous, nous les étants sur la Terre, nous avons en commun d’avoir tous commencé par une taille dérisoire, immense de petitesse. Nous le peuple des étants sur la Terre, que nous poussions dans le sol noir et humide ou dans le corps des uns des autres, sous des coquilles, dans de molles carapaces translucides, nous avons tous poussés et nous mourrons chacun.
Tant que nous avions des corps, imparfaits, fragiles, éphémères, mortels, nous pouvions nous déplacer sur terre, dans le réel, dans la matière
Tant que nous avions des corps nous avions pu nous battre et créer.